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Avant propos
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Les multiples conflits d’influence, de luttes de positionnement de la classe politique, de basses œuvres, ayant comme soubassement des considérations ethnique et clientéliste, ont été aussi la cause de cette anarchie bien entretenue au cœur de l’Etat. Pour la plupart, à la personnalité fragile, trop fragile même, à la conscience irrémédiablement erronée et corrompue, se contentant de ne servir que leurs intérêts égoïstes, ces élites ont eu besoin de la prothèse de la notoriété et se font bruyamment attribué une grande part du sinistre succès chaotique.

Relégué à la traîne des préoccupations des dirigeants, notre peuple a consenti d’énormes sacrifices qu’il ne mérite pas. C’est dans cette partition bien réglée que surgissent les révoltes et les ruptures entre le pouvoir et la société profonde. D’abord, épisodiques et cherchant son oncle, ensuite permanente,

Menée par une minorité agissante, plus consciente de sa responsabilité historique. Celle-ci a incarné le monopole de la contestation politique.

Hissée à la hauteur des exigences du renouveau démocratique allant en grandissant, la contestation avait au début de la décennie quatre-vingt-dix, touché presque la majorité du peuple qui, tant bien que mal, sut épouser l’air du temps et résister contre l’hydre et ses tentacules.

Dans cette lutte pour la démocratie et pour la dignité humaine, les experts ès politique du chaos, n’avait guère apprécié que la dissidence politique vienne jouer dans la cour de la pensée unique et tout naturellement, ils étaient amenés à confisquer l’espace politique jusqu’à ce qu’on avait utilisé à leur égard les mêmes moyens et les mêmes méthodes pour qu’enfin prenne fin le premier épisode de « L’aventure ambiguë » vécue par tout un peuple pris en otage.

Hélas, au lie de s’achever, celle-ci s’est muée dans le présent du peuple congolais où le monisme révolutionnaire avait tenté d’incarner encore, une fois de plus, son futur et ce, d’autant plus que dès le premier pas du nouvel épisode, l’histoire ne bégayait pas, mais elle voulait se cloner elle-même en suivant un déterminisme foncier de la pensée unique où, sans atermoiement, la logique politique demeurait « l’Envers vaut l’Endroit ».

Quel que soit le diagnostic sur le sens du moment présent issu de l’Accord Global et Inclusif dit « Accord de Pretoria », les propositions contenues dans ce projet de société constituent une brèche qui débouche sur la réflexion à double formulation :

*Comment constituer en République Démocratique du Congo, notre pays, une société des égaux, en droit et en dignité où il n’y aurait pas de discrimination ni d’exclusion ?

*Comment instaurer une démocratie pluraliste, respectueuse de la notion de droit et de l’éthique républicaine ?

*Comment extirper la négligence et l’irresponsabilité qui ont élu domicile dans la conscience de nos compatriotes en général et des élites politiques en particulier ?

 *Comment répondre positivement aux aspirations sociales du peuple congolais ?

Dans cette optique, les énergies et les volontés réunies autour de la construction de cet édifice tentent, au travers ces propositions postulant une

nouvelle société où le Futur commence aujourd’hui et le grand rêve par un petit geste, de dévoiler le problème de la représentation politique et explorer en même temps de possibles solutions à lui apporter afin de sortir de la souricière du malaise démocratique.

En effet, pour ce pays gigantesque, multiculturel, l’un des moments décisifs de sa reconstruction éthique dans le champ politique et économique s’avère le schéma de la Conférence nationale souveraine (Cns). A tous les égards, celui-ci est un schéma politique refuge pour le sauvetage de la nation en perdition.

Face aux spirales infernales et au déterminisme historique, la Cns avait pris la mesure de l’enjeu en prenant en considération les paramètres du passé, du présent et du futur, bref, tous les enjeux. Compte tenu de ce reporting social et politique, elle avait balisé, en toute responsabilité et lucidité, le devenir national.

Malheureusement, en dépit de l’expression de la volonté de peuple et de leur caractère imposable et opposable à tous, les résolutions de la Cns sont passées dans le compte perte et profit de l’histoire nationale.

Et, pour cause, voulant offrir à la face du monde l’image de la pourriture qui leur colle à la peau et à laquelle elle s’identifie, la classe politique congolaise, plus soucieuse de ses intérêts égoïstes et partisans, avait prêté les flancs à ceux qui n’ont pas voulu de cette rénovation républicaine et qui se sont opposé bec et ongles au retour de la république. Tout compte fait et la nouvelle donne étant, le Schéma Cnsien est perfectible et formatable à souhait. C’est notre credo.

Il est clair que dans les circonstances actuelles de l’évolution de l’histoire nationale notre peuple souhaite une paix durable et la mise en place d’un cadre juridique consensuel devant conduire aux élections libres, équitables, démocratiques et transparentes, un gage pour une réflexion et la résolution des problèmes de notre destinée.

Le propos dans cette postulation d’une nouvelle société n’est pas seulement de ressasser la passé, de faire l’inventaire méthodique de l’absurde, de la politique dévoyée, des critiques, des déceptions et des tâtonnements qui n’ont cessé d’accompagner notre histoire commune, m ais partant d’un constat, celui de l’échec de la pensée unique et de ses retombées socio-économiques néfastes, il s’inscrit aussi dans les débats politiques actuels et tente d’ouvrir quelques pistes de réflexion permettant de les élucider.

C’est une occasion de réfléchir sur la spécificité des crimes d’Etat tout en contribuant, par l’analyse du passé, à informer et former la conscience de chacun de l’histoire d’aujourd’hui. Ainsi, au travers ces propositions, l’enjeu est de dégager un horizon susceptibles de jeter les jalons sur les conditions de possibilité pour un retour de la République, entendue dans le sens plénier du terme.

Celle-ci est l’ultime et seul cadre idéal qui éviterait à notre peuple de sombrer, encore une fois de plus, dans les éphémères certitudes de la pensée unique et dans l’éternel retour cyclique au passé : le dogme de l’inégalité citoyenne, de l’exclusion politique et de la prééminence de la grille ethnique dans la gestion des affaires de l’Etat d’une part, et d’autres part, de sortir définitivement du cycle du léopard qui se sont accaparé, à tort, de l’espace démocratique et républicain.

Il n’est pas question dans ce projet de société de visiter toutes les salles de cet interminable mémorial de l’absurde. Elles sont vastes, certaines sont encore obscures et il n’y a qu’à voir les survivants brisés de cette prison à ciel ouvert pour se rendre compte de la déchéance éthique qui règne dans notre pays, une tâche honteuse de son histoire.

Par ailleurs, une chose est certaine, les régimes passés ont bel et bien été balayés mais, en tant qu’idéologies et modes de penser, de comportement et des attitudes face aux données essentielles de la République, elles sont encore ancrées dans l’imaginaire politico-social de notre peuple et surtout des élites politiques, intellectuelles et sociales.

En tant qu’idées reçues, elles constituent un frein pour l’instauration d’un nouvel ordre politique. Dans cette perspective, il y a urgence de réfléchir sur les ferments qui pourraient faire en sorte que l’histoire en République Démocratique du Congo ne puisse plus se mordre la queue ni se cloner comme elle tente de le faire en donant des indices de la communication à terme du retour de la République.

Y a-t-il une raison à ce règne implacable de la sinusoïde ? Dans un domaine aussi sensible qu’est la politique en Afrique, établir posément un état des lieux réaliste et proposer de pistes novatrices, est certes provocateur que monter en épingle quelques effets indésirables. Expliquer comment on tente de les corriger est certes moins spectaculaire que faire croire au profane que l’on a ouvert la boîte de Pandore.

En effet, il est éminement souhaitable, et sans doute impératif, que se développent, sur ce sujet tabou, des discussions d’ordre philosophique, éthique,

Juridique, politique ; encore faut-il qu’elles soient crédibles et génératrices de sages mesures, qu’elles reposent sur l’éthique du changement, de l’humilité et du dépassement.

Certes, dans ce projet de société, l’on prend en compte la période historique inachevée. Celle-ci est marquée par des événements dramatiques : d’abord, les douleurs d’enfantement et le balbutiement d’une république inexpérimentée dont les gestionnaires tiraillés et torpillés de toutes parts furent incapables d’assumer leur responsabilité historique et l’héritage commun ; ensuite la naissance d’une dictature bottée, un régime sinistre à tous points de vue, son ascension et son déclin ; enfin, les trames de la réincarnation de ce régime qui, épousant les mêmes logiques politiques que le précédent, semble avoir auguré la deuxième phase du séjour en enfer terrestre de notre peuple.

Toute la question est de savoir, comment ces politiques peuvent-elles être dépassées ou bien comment peuvent-elles être empêshées de se muer en d’autres politiques pour que l’instauration d’un etat de droit et le retour effectif de la République sur ces pénates puissent acquérir pertinence et validitié dans un processus démocratique consensuel.

Cette démarche ne peut aboutir que si ces impératifs - universellement

reconnus- sont assumés, non pas comme de mythes ni des sésames exotiques, mais comme le cœur même de notre existence collective en tant que peuple. On pourra ainsi échapper aux logiques endémiques de « l’incontournabilité », de « l’après moi le déluge », « du raseur et de l’écraseur » ; bref, de la prédominance d’une réthorique abstraite au sommet du pouvoir de l’Etat avec son convoi d’absence quasi permanente de l’organisation rationnelle et de projet politique crédible.

Ainsi, les principaux sujets que nous abordons tout au long de l’économie de   ce   projet   de   société   se   structurent   autour   de   ces préoccupations fondamentales et des aspirations majeures du peuple congolais après l’effondrement du régime à visage inhumain que notre peuple a déchiffré après que le mal ait été fait.

Par ailleurs, le moment étant venu de faire le point et d’assumer nos responsabilités historiques, nous estimons que notre observation coïncide avec celle de nombreux compatriotes qui ont subi dans leur chair les affres de la dictature et dont beaucoup parmi eux ont payé le lourd tribut et d’autres leur vie. C’est aussi en leur nom que nous nous exprimons.

C’est une obligation morale d’honorer la mémoire des morts, surtout quand ils sont les victimes innocentes et anonymes des politiques tyranniques qui, maniant l’épée et la ruse sans relâche à la poursuite de leurs contradicteurs, avaient fait le serment tout au long de leur règne de ne servir que les intérêts égoïstes.

Aujourd’hui, le tribut à porter par notre peuple est trop lourd. Ainsi, ayant fait   les  frais  de  cette  pratique  totalitaire,  le  peuple  congolais  n’   aurait définitivement l’opportunité historique d’extirper les démons  de  la   pensée unique et de la dictature qu’après     l’établissement d’une vraie démocratie, d’un pluralisme politique et d’opinions, bref d’un retour de la République.

En réponse à l’effritement, du bien-être social et face au marasme économique qui frappent de plein fouet notre peuple, loin de vouloir remuer un passé dérangeant ni cautériser les blessures qui sont encore fraîches, l’objectif de nouvelles énergies et volontés réunies autour de ce projet de société est de créer un cadre rassemblant la majorité de notre peuple afin de susciter la prise de conscience sur les enjeux majeurs de l’avenir politique de la République démocratique du Congo.

En effet, dans ce cadre, l’adjectif « démocratique » ne devrait pas seulement être un sésame exotique ou une tarte à la crème que l’on brandirait en trompe l’œil pour manipuler les esprits moins avertis, mais un havre réellemnt démocratique où le peuple congolais, dans son ensemble, écrirait, en lettres d’or et d’une façon indélébile, cette nouvelle page de l’histoire du pays.

Après une guerre meurtrière qu’à connue notre pays où l’humanité a été sacrifiée pour des luttes politiques, il était impossible de ne pas rappeler au peuple congolais le chemin de la nuit qu’il a parcouru au travers ls méandres de l’histoire des institutions politiques de notre pays, la mesure de sa dignité, ses espérances et ses convictions opinâtres sur la pertinence et l’universalité d’un Etat de droit d’une part, et d’autres part, de convertir ses inquiétides en raisons de vivre et de mourir et en nouveaux motifs d’espérer et de croire en l’avenir démocratique et républicain de notre pays.

Albert Kabongo
Secrétaire Général Adjoint



 

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