Accueil arrow Discours arrow Evaluation de la periode de transition
Image
drapeau RDC
 
Evaluation de la periode de transition
les Perspectives d’Avenir relatives à l’après 30 juin 2005

 

UNITE - LIBERTE - JUSTICE

 

DECLARATION DU PARTI SOCIALISTE CONGOLAIS

Le Bureau National du Parti Socialiste Congolais, en sigle PSC, s’est réuni en session extraordinaire, le 15 avril 2005, à Kinshasa, en République Démocratique du Congo. Un seul point a été inscrit à l’ordre du jour: l’évaluation de la période de la transition et les perspectives d’avenir relatives  à la date du 30 juin 2005.

I. Etat de lieu.

Vu l’Accord global et inclusif et la Constitution de la Transition issus des négociations intercongolaises, en date du 17 décembre 2002, afin de mettre fin aux hostilités entre toutes les forces belligérantes, à la cessation de tous les actes de violence contre les populations civiles et à faciliter la mise en place consensuelle d’un cadre juridique de la transition devant conduire aux élections libres, transparentes et équitables.

Constatant le manque de légitimité populaire des institutions politiques actuelles, la grave crise institutionnelle qui pointe à l’horizon et la morosité générale aux plans politique, économico-social et psychologique :

- Au plan politique, l’on constate dans le chef des institutions de la transition la fébrilité et le retard accumulés dans l’exécution des objectifs assignés à la transition et la perception négative par l’opinion de la mauvaise foi des animateurs de la transition.

- Au plan économique et social, l’on constate que la sinistrose va grandissante sans aucune lueur d’espoir de s’en sortir à court et à moyen terme. L’économie formelle a implosé et laissé la place à une économie informelle et ses effets ont un impact profond en termes de déstructuration sociale.

- Au plan psychologique, l’on relève l’impact globalement négatif sur des institutions de la transition et l’espoir est en train de perdre du terrain au profit  du pessimisme. Notre peuple a déchanté à cause de ses dirigeants, hommes du peuple mais coupés du peuple qui, devant une transition qui tire en longueur, ne parviennent pas à satisfaire ses aspirations légitimes.

Cela étant, le PSC estime qu’aujourd’hui, c’est le moment où jamais pour les forces politiques acquises au changement et à la paix, en leur qualité de relais populaires, de monter au créneau et de trancher sur la question liée à la disposition de l’Accord Global et inclusif relative à la fin et à la prolongation de la période de la transition.

En effet, en moins de trois mois, cette question risque de mettre gravement en péril la Nation congolaise dès lors qu'il est désormais acquis que les élections ne seront pas organisées avant le 30 juin 2005, date considérée comme fatidique.

Plutôt que de se dire incarnant la vérité et la légitimité populaire, le Parti Socialiste Congolais convie toute la classe politique et la société civile de se mettre au-dessus de la hargne collective et des susceptibilités des uns et des autres, à ne pas susciter, en toutes circonstances, les fausses peurs, de demeurer à l’écoute de la seule volonté populaire et exprimer celle-ci par des signaux clairs qui privilégient la décrispation de la vie politique, la paix sociale et l’intérêt général.

Il apparaît urgent et nécessaire de consacrer les efforts à l’examen approfondi de la situation politique du pays afin d’en tirer des conclusions susceptibles d’anticiper et de mettre fin à la crise:

Considérant que :

Depuis la mise en place des institutions de la transition issues de l’Accord Global et Inclusif, celles-ci ne parviennent pas, à l’échelon national, à avoir la maîtrise de l’appareil de l’Etat à cause notamment:

a) - d’une part, des rivalités entre les composantes et entités politiques, et d’autre part, entre les hommes politiques, censés animés ensemble, en toute responsabilité et patriotisme, la période de la transition;

b) - de l’insécurité généralisée créée à travers le pays par la non exécution des résolutions relatives au désarmement, à la démobilisation et à la réinsertion des anciennes forces belligérantes ainsi que le brassage des troupes en vue de la restructuration et de la formation d’une armée nationale et républicaine;

c) - de la mauvaise gouvernance et la gabegie financière dans la gestion des affaires publiques et les détournements des deniers publics; de la pratique de l’arbitraire, de la corruption et des anti valeurs érigés en système de gouvernement pendant la période de la transition qui ont atteint des proportions inquiétantes.

La crise institutionnelle actuelle a été aggravée d’un cran par l’annonce ex abrupto de la prévision du report de l’organisation des élections générales et de la perspective de la prolongation de la durée de la transition à la suite du retard dans l’élaboration des lois constitutionnelle et référendaire, de la mise en branle du processus électoral (l’identification des populations, le recensement des électeurs, l’élaboration de la loi électorale et d’un échéancier électoral et la mobilisation des moyens financiers nécessaires devant conduire à bien ce processus).

Prenant en compte les prescrits de l'alinéa 2 de l'article 196 de la Constitution en vigueur stipulant qu'« en raison des problèmes spécifiquement liés à l'organisation des élections, la transition peut-être prolongée pour une durée de six mois renouvelable une fois si les circonstances l'exigent, sur proposition de la Commission électorale indépendante et par une décision conjointe et dûment motivée de l'Assemblée nationale et du Sénat ».

En dépit de l’interprétation partielle et rigoriste de cette disposition qui vise à mettre un terme à la durée de la transition de vingt quatre mois soit en date du 30 juin 2005 à minuit et pas une seule seconde de plus et comme d’aucuns, s’estimant agir au nom et pour le compte du peuple, le préconisent en passant sous silence au compte pertes et profits, la disposition relative à la prolongation de la transition pour une durée de six mois renouvelable une fois.

Etant donné ce qui précède, le PSC juge la situation politique très préoccupante et ce faisant, appelle la classe politique sans exclusive et la société civile, signataires et non signataires de l’Accord global et inclusif, acteurs et observateurs, à jouer, en toutes circonstances, l’anticipation pour ne pas devoir subir la loi de la défense et de la simple réaction lorsque la situation sera incontrôlable.

Le PSC demande aux parties liées à cet accord à se réunir sous le patronage de la communauté internationale, représentée notamment par le Comité international pour l’accompagnement de la transition en RDC (CIAT) afin d’entamer sans délai les négociations politiques en vue de trancher et d’interpréter de manière univoque et consensuelle la disposition constitutionnelle prévue à l’article 196 relative à la fin et à la prolongation de la transition.

A cette question, le PSC estime, à juste titre qu’une réponse claire devra être donnée et les conclusions de ce forum, dans un sens ou dans un autre seront, à toutes fins utiles, rendues publiques, prenant ainsi à témoin l’opinion nationale et internationale. Dans cette optique, le PSC exhorte toutes les parties de prendre les mesures nécessaires pour respecter  cet engagement.

Le Parti Socialiste Congolais estime que la crise politique qui pointe à l’horizon risque d’entamer davantage - et encore une fois de plus malheureusement - la crédibilité du pays à l’extérieur et ce, à cause de la classe politique non soucieuse de l’intérêt général qui veut écrire, sans nécessité, une nouvelle page bien douloureuse et peu glorieuse de l’histoire nationale, une page macabre que tous espèrent désormais bien révolue et dont on peut bien faire l’économie à la mère Patrie.


II. Déclaration des principes.

De ce qui précède et vu l’urgence et sans préjudices des autres dispositions constitutionnelles relatives à la période de la transition et à l’Accord Global et Inclusif, le PSC:

Réaffirme que l’Accord global et Inclusif et la Constitution de la transition sont, à la fois, le seul cadre juridique qui régit la République Démocratique du Congo et la seule source de légalité et de légitimité durant la période de la transition en RDC.

Appelle, en conséquence, toutes les institutions, tous les détenteurs de l’autorité publique à œuvrer davantage pour la décrispation de la vie politique et pour l’intérêt supérieur de la Nation. En outre, il convie toutes les congolaises et tous les congolais de se conformer scrupuleusement à ce cadre juridique, gage de la paix et d’espoir.

3- Demande instamment aux institutions de la transition de tout mettre en œuvre pour qu’au terme du délai légal de la prolongation de la transition tous les objectifs politiques, structurels et organiques assignés à la transition soient réalisés et puissent avoir comme finalité:

a) - organiser des élections générales aux fins de mettre un terme à la période de la transition la plus longue de l’histoire de l’Afrique contemporaine et à la crise de légitimité du pouvoir dans notre pays;

b) - doter le pays des institutions politiques réellement démocratiques issues des élections libres, sincères, équitables et transparentes;

c) -  remettre les populations au travail et relancer l’économie;

d) -  réhabiliter l’Etat et restaurer son autorité sur l’étendue du territoire national.


III. La Conférence nationale souveraine: Patrimoine national inaliénable.

1. A l’orée de la période de la transition démocratique, le peuple congolais, de haute lutte contre la pensée unique et saisissant l’air du temps, avait arraché et imposé les assises historiques dénommées « la Conférence nationale souveraine », en sigle la Cns. Celle-ci fut, dans son acte final, sanctionnée par les résolutions qui jetaient des jalons et déterminaient les conditions de possibilité pour l’instauration, en RDC, d’un Etat de droit démocratique, républicain et respectueux des droits fondamentaux de l’homme.

2. En fait, tenant compte des enjeux de la Cns qui sont d’une importance vitale en ce qui concerne leurs visibilité et traçabilité, le Parti Socialiste Congolais estime qu’il appartient à tout gouvernement légitime de la Troisième République qui, ayant une majorité politique ressourcée au parlement - et s’il le juge nécessaire et pour l’intérêt général, - d’appliquer le schéma Cnsien à la fois comme socle et épure de la future société.

3. Tirant les conséquences de cette situation, le PSC juge déplacée et sans objet toute récupération politicienne portant sur les acquis de la Cns qui constituent, de toute évidence, un Patrimoine national inaliénable et, ce faisant, ils demeurent à plus d’un égard, un schéma politique refuge qu’aucune force politique ne peut prétendre en faire, de manière solitaire, son cheval de Troie et une foire d’empoigne.

4. Néanmoins, le PSC déplore l’amalgame et la confusion entretenus sciemment par d’aucuns qui veulent confondre le Projet de société consensuel issu du schéma de la Conférence nationale souveraine contenu dans l’Acte final et l’Acte portant dispositions constitutionnelles relatives à la période de transition adopté par la Cns le 4 août 1992 lequel se référait dans sa ratio legis aux dix principes du Compromis Politique Global signé au Palais du Peuple en date du 31 juillet 1992 à l’issue des réunions de concertation politique qui devraient permettre une transition pacifique et tenter de tout mettre en œuvre pour la sortir de la souricière des querelles byzantines dans laquelle elle s’était engluée.

5. A ce sujet, constatant que les textes juridiques ad hoc ont leur vie propre, et par principe dépendent de l’époque et du contexte politique qu’ils veulent régir, le Parti Socialiste Congolais relève que l’Acte portant dispositions constitutionnelles relatives à la période de la transition susmentionné, qui fixait décidément la durée de la transition à vingt-quatre mois à partir de la date de son  adoption, a été, dans les faits, bafoué à bien des égards par les signataires et les institutions de la transition qui étaient, en toute connaissance de cause, censées l’observer et l’appliquer scrupuleusement.

6. De ce fait, le PSC note que l’histoire retiendra le fait qu’après de laborieuses médiations et concertations, ce texte juridique de base a été paradoxalement dépassé et remplacé, plus tard, dans un premier moment, par l’Assemblée nationale lors de l’adoption du projet de loi portant Acte constitutionnel harmonisé relatif à la période de transition et qui était promulgué le lendemain 1er avril 1993. Ensuite, dans un deuxième moment, le schéma Cnsien initial sera remplacé en date du 9 avril 1994 par l’Acte constitutionnel de la transition.

7. Dans la même perspective, il ressort clairement de l’évaluation minutieuse de cette tranche de l’histoire nationale que cette évolution notablement sensible, mieux le frelatage du schéma Cnsien originel et son adaptation en coupées réglées aux circonstances politiques particulières de l’époque, a été la conséquence de la fusion de deux institutions parlementaires, notamment l’Assemblée nationale ( issue du défunt MPR Parti-Etat ) et du Haut Conseil de la République issu de la Conférence nationale souveraine.8. Considérée comme une condition incontournable pour la continuité du processus démocratique de l’époque, nul ne l’ignore, qu’au-delà de la protestation et sans autre forme de procès, cette fusion, imposée aux forceps et entérinée formellement par toutes les parties, avait accouché le 23 janvier 1994 le Haut Conseil de la République-Parlement de Transition (HCR/PT) dirigé par Mgr Laurent Monsengwo Pasinya qui en assumait la présidence du bureau. Et, dans ses lourdes tâches, l’on se rappelle qu’il était secondé par deux adjoints issus l’un du camp présidentiel et l’autre de celui de l’opposition radicale.

9. Par ailleurs, il convient de le signaler qu’à la suite de cette fusion, la mouvance présidentielle avait largement trouvé son compte et renversé la majorité numérique en sa faveur et ce, d’autant plus que sur les 310 députés de l’ancienne Assemblée nationale (MPR), 44 seulement se réclamaient déjà du groupe de l’opposition mais au bout du compte, après calcul, l’ordre politique de la transition, - hier décrié et aujourd’hui réclamé - était l’otage de la majorité présidentielle dite « mouvance présidentielle » qui, on le sait, était conservatrice, c’est-à-dire à tous égards, synonyme de la démocratie de façade et du statu quo ante. Cette situation politique s’avérait être loin du compte des aspirations du peuple congolais à l’ouverture du processus démocratique.

10. Tout compte fait, ce cadre juridique issu de l’Acte constitutionnel de la transition du 9 avril 1994, loin de sa formulation originelle issue du Schéma Cnsien, régulera somme toute formellement et de fait la transition jusqu’au 17 mai 1997 et ce, essentiellement la question du « Partage équitable et équilibré du pouvoir » entre les deux familles politiques constitutionnelles qui avaient polarisé la période de la transition, à savoir: les Forces politiques du conclave (FPC) et l’Union sacrée de l’opposition radicale et alliés (USORAL), ayant comme chef de file pour la première, le feu maréchal Mobutu et la  seconde, monsieur Etienne Tshisekedi, leader de l’UDPS.

11. Toutefois, pour être fidèle à la vérité historique, il y a un fait notable jouant un rôle d’élément catalyseur que l’on ne peut pas passer à la trappe et au compte pertes et profits: c’est l’émergence dans le paysage politique ainsi formaté de la troisième voie avec la création de l’Union pour la République et la Démocratie (URD) en mi juin 1994. En effet, tirant les marrons du feu, les loups conservateurs, dans leur refuge de l’opposition, ayant pour leader monsieur Léon Kengo wa Dondo, sortirent du bois en clamant de tout cœur, haut et fort, militer pour une transition non conflictuelle et vinrent troubler ainsi l’ordre établi, en violant au passage la Charte de la transition et, de ce fait, désaxant le jeu politique.


IV. Position du PSC sur l’après 30 juin 2005.

1. Le PSC s’interroge sur les motivations profondes qui structurent ce volte face lorsque certains acteurs politiques, signataires de l’Accord de Pretoria, à la fois, pensent ex cathedra et lancent une controverse ex abrupto sur la fin de la durée réelle de la transition et sur l’interprétation monique qu’il faudra donnée à l’article 196 de la Constitution de la transition.

En effet, ils argumentent sans atermoiements ni aucune concertation politique préalable qu’après le 30 juin 2005 à minuit de revenir à l’ordre politique instauré au pays par le schéma Cnsien, lequel est considéré, faut-il le rappeler, comme l’ordre politique que l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération (AFDL) conduite par le feu Laurent Désiré Kabila avait interrompu en ouvrant une parenthèse malheureuse dans l’histoire des institutions de notre pays (sic).

2. Le PSC est préoccupé par cette manière politique de voir et de vouloir agir. C’est purement et simplement faire usage de la politique de la tabula rasa qui ne prend pas en compte le fait de décréter de manière unilatérale la fin de la période de la transition, sans aucune concertation politique préalable entre toutes les parties prenantes,  équivaudrait à un coup d’Etat institutionnel et peut conduire à ouvrir la boite de pandore et à causer la désolation car, en effet, ce que d’aucuns semblent ignorer qu’il en faut seulement d’un cheveu pour que la maison commune brûle.

3. En outre, le PSC réclame l’organisation dans le délai légal des élections transparentes et équitables et cette position ne peut pas souffrir d’aucune ambiguïté et c’est notre profession de foi. Néanmoins, le PSC s’inscrit en faux contre toute précipitation à aller aux élections sans aucune préparation afin d’éviter qu’aux lendemains du scrutin qu’il puisse y avoir des contestations qui pourraient éventuellement replonger notre pays dans un nouveau chaos.

Sur ce, les exemples sont légion et l’on pourra citer à titre indicatif, la situation qui a prévalu en Angola lorsque sous l’égide des casques bleus les élections organisées en 1992, après l’accord de l’Estoril du 1er mai 1991, furent immédiatement contestées par l’une des parties qui choisit de reprendre aussitôt la guerre.

Quadruple interrogation.

Compte tenu des diverses évolutions émaillées des ruptures et discontinuités ci-dessus esquissées, le PSC s’interroge:

1. - Dans un premier moment, en quoi réside la pertinence de cette politique de la tabula rasa qui rime avec celle de la chaise vide pratiquée depuis un bail et qui consiste à s’ériger en censeur et loin du feu de l’action dans la gestion de la maison commune ?

2. - Dans un deuxième moment, à quel ordre politique de la transition issu du schéma Cnsien pense-t-on revenir: est-ce celui du schéma initial de 1992 ou celui de 1994 et, qui plus est, tel que présenté ci-contre, a subi moult modifications sous les coups de griffes du léopard ?

3. - Dans un troisième moment, lorsqu’on pense fermer la parenthèse ouverte par l’AFDL le 17 mai 1997 en argumentant qu’elle avait trouvé sur place un ordre politique, légitime et accepté non seulement par l’ensemble du peuple souverain, mais aussi par la communauté internationale et que le régime répressif qui a été imposé ne pouvait être considéré que comme un coup d’Etat contre cet ordre établi, le PSC voudrait avoir une nette clarification là-dessus car il se demande de quel ordre politique s’agit-il: est-ce celui incarné par le Général Likulia Bolongo, par messieurs Léon Kengo wa Dondo, le feu Faustin Birindwa ou par celui de monsieur Etienne Tshisekedi ?

En effet, pour ne citer que les personnalités politiques susvisées qui ont occupé par le passé le poste de Premier ministre dans le cadre politique de la transition telle que prévue par la Cns, le PSC relève cependant que tous se réclamaient détenir une légitimité politique issue des institutions établies et du schéma Cnsien; et que tous aussi voulaient conduire le pays vers des élections démocratiques.

Et alors, aux lendemains de la date du 30 juin 2005, et aux termes du décret infaillible et avec effets exécutoires immédiats, de tous, qui choisir comme base de référence de l’ordre politique établi qui germera sans contestation comme une génération légitime spontanée ?

4. - Dans un quatrième moment, le PSC se demande que faire de la situation politique actuelle, conséquence de l’ouverture de la parenthèse de l’AFDL ? Quoi faire des forces politiques issues de cette parenthèse et qui sont postérieures au schéma Cnsien et d’autant plus qu’il y a eu aussi, comme nul ne l’ignore, une guerre meurtrière de plus de cinq ans et qui a causé plus de trois millions de morts, des destructions incommensurables et dont les affres continuent à la fois à se faire sentir jusqu’au jour d’aujourd’hui et de résonner comme des cymbales dans notre conscience collective ?


V. Raisons et Pertinence de se conformer à l’Accord Global et Inclusif.

1. En dépit de ses lacunes et de ses ambiguïtés, l’Accord Global et Inclusif a eu le mérite d’exister et constitue au jour d’aujourd’hui la référence de base pour toutes les parties et à ce titre, il constitue un cadre juridique opposable et imposable à tous car, il a permis à mettre un terme à la descente aux enfers de notre pays.

2. Tout le monde sait que cette situation conflictuelle due à l’intolérance politique a ouvert des brèches à la déstabilisation politique, à l’agression et aux pillages des ressources nationales par les pays voisins et que pour sortir de cette situation du chaos où, en tout état de cause, la RDC, notre pays, était rangée, du point de vue analytique, dans la catégorie de non-Etat.

3. A la racine, que l’on se souvienne à l’époque lors de l’ouverture des travaux du Dialogue intercongolais, tout le monde proclamait, la main sur le cœur, que le Dialogue était incontournable et que ses travaux devraient déboucher sur une paix durable afin de tirer le peuple congolais sur le Radeau de la Méduse.

Par conséquent, le PSC constate avec regret qu’une partie de la classe politique a tort d’oublier d’où nous venons et où nous allons car, en effet, le parcours politique nébuleux en dents de scie est connu de tous et il a eu comme seule victime attitrée le peuple, au nom duquel tout le monde parle. Mais celui-ci souffre de l’inconsistance de politiques mises en place qui ne semblent pas se préoccuper de son sort.

4. En outre, point n’est besoin de démontrer que d’une part qu’au sortir du Dialogue intercongolais, il y avait eu un consensus universel sur sa pertinence et que d’autre part, le chemin parcouru est déjà long et il nous reste à tout casser qu’une étape - la ligne jaune à franchir - avec l’organisation des élections générales, le PSC estime qu’au lieu de jouer gros jeu en faisant un saut métaphysique en arrière dans l’inconnu, dans l’incertitude voire dans l’abîme profond, susceptible de plonger notre peuple dans les soubresauts qu’il ne pourrait plus maîtriser les enjeux. A ce point, la sagesse conseille, - c’est la position du PSC - de faire un pas en avant, vers un avenir proche, dans un schéma lisible et dont la traçabilité est acceptée et opposable à tous.

5. A ce sujet, et à titre de rappel, en démocratie l’on ne décrète pas, mais on débat et on se concerte. Le fait de décréter du haut de sa chaire en tirant à hue et à dia sur la marche du destin commun nous rappelle un passé récent et révolu. C’est pourquoi, le PSC déplore le fait que l’Accord global et inclusif signé par tous sans exclusive le 17 décembre 2002 puisse, aujourd’hui, faire l’objet de la contestation.

Celle-ci, légitime soit elle et en dépit de la lenteur dans l’application de l’accord de Pretoria, ne justifie absolument pas que l’on puisse récuser dans la totalité dudit accord en le balayant d’un revers de la main. Ceci reviendrait à jeter le bébé avec l’eau du bain et de compromettre ainsi les aspirations populaires de bâtir la mère Patrie sur des bases solides et dans la recherche en commun d’un réel consensus national.

6. De ce point de vue, le PSC s’inscrit une nouvelle fois en faux contre toute prise de position qui estime que le schéma Cnsien dans son volet relatif à la transition est plus légitime que l’Accord global et inclusif. En effet, d’abord, force est de reconnaître que l’un tout comme l’autre ont régulé la transition en RDC selon les paramètres politiques et historiques particuliers.

Ensuite, pour rappel, tous les deux ont été signés au nom du peuple et ce faisant, ils n’ont jamais reçu la sanction populaire parce que leurs textes juridiques n’ayant pas été soumis à référendum populaire.

Enfin, les deux cadres juridiques ont tous à la fois bénéficié de l’appui de la communauté internationale et sur ce, force est aussi de reconnaître qu’eu égard de la situation particulière due au conflit armé, l’Accord global et inclusif a été plus soutenu que la Conférence nationale souveraine et  ce, en termes de préoccupations dans la recherche de la paix durable.

Conclusion.

Dans cette optique, la mise en perspective du retour sans autre forme de procès au schéma politique de la Conférence nationale souveraine que certaines forces politiques proposent risque de perturber complètement le jeu politique et désaxer les piliers et les équilibres fondamentaux de la marche sereine et déterminée du peuple congolais vers la 3ème République qui sera, quoi qu’il en soit et quoi qu’il en coûte sanctionnée par les élections générales pourvu que pour y parvenir dans le délai légal prévu dans la Constitution de la Transition que l’on y mette de la volonté politique et que l’on se donne les moyens et de ce fait, l’intérêt général étant, que tout le monde mette de l’eau dans son vin et la main dans la pâte.

C’est ici pas plus qu’ailleurs que réside le drame de la transition dans notre pays notamment dans la mauvaise foi des acteurs politiques qui, en dehors du feu de l’action et dans l’attentisme, semblent être à bout d’inspiration et de stratégies politiques.

Tout porte même à croire qu’un grand nombre d’acteurs politiques souhaitent voir perdurer cette situation précaire de la transition parce qu’au-delà de la profession de foi, les uns ont peur d’affronter la gestion de l’Etat, préférant à celle-ci une situation conflictuelle susceptible de leur ménager une situation financière illicite et d’autres sont inquiétés par la perspective de la mise en place d’un ordre institutionnel de l’avènement d’un Etat de droit et de la démocratie.

Le PSC dénonce toutes ces attitudes partisanes et peu responsables ayant comme soubassement la politique de la terre brûlée, l’ambivalence, l’incertitude, l’incohérence et l’inconstance car, en effet, elles visent à mettre le feu à la maison commune et à distraire le peuple, en le tenant en otage et en l’empêchant d’accéder à ses aspirations légitimes.

Le PSC ne peut pas comprendre qu’une partie des acteurs - et non des moindres qui se dit responsables politiques qui ont signé ledit accord de surcroît - puisse pousser le peuple à la révolte et à la sédition en articulant des inepties et des arguments démagogiques car, le pilotage de la transition n’est pas seulement le respect de l’échéancier électoral mais c’est aussi l’ensemble des données et des paramètres politiques conjoncturels qu’il faudrait prendre en considération dans la préparation, dans la paix et la concorde, de l’avènement d’une Troisième République réellement démocratique capable de garantir un développement harmonieux de la Nation.

Au vu de cette analyse, le PSC demande aux composantes et entités politiques de restituer au gouvernement la plénitude de ses moyens d’action politiques et de s’abstenir d’entraver le fonctionnement des institutions conformément à l’Accord global et inclusif. Le PSC appelle toutes les forces politiques ainsi que les forces vives à renoncer à la violence et de recourir au dialogue et à la concertation; d’apaiser les citoyens en les invitant au calme et à avoir confiance aux institutions issues de l’Accord global et inclusif qui conduiront le bateau « Transition » à bon port et ce, en vue d’arriver à une paix durable.

Le PSC exhorte les services de l’ordre d’observer la règle républicaine et d’assurer, sans faille, la sécurité des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire national et ce faisant, de ne pas céder aux sirènes de division ni de la provocation.

Le PSC invite enfin les institutions de la transition, notamment l’espace présidentiel, le Gouvernement, la Représentation nationale (le Parlement et le Sénat) ainsi que les institutions citoyennes d’accompagnement de la démocratie de se consacrer avec loyauté et détermination à la réalisation des objectifs de la transition en ayant en point de mire comme finalité l’organisation des élections équitables en vue d’aboutir à la mise en place d’un nouvel ordre institutionnel qui sera le couronnement de la réconciliation nationale. Toutefois, le PSC décide de rester activement saisi de la question.

Fait à Kinshasa, le 15 avril 2005

Pour le PARTI SOCIALISTE  CONGOLAIS

Michel KINUA MBULUKU
Secrétaire général du parti

Albert Kabongo
Secrétaire général adjoint

Jerry Izouelle
Secrétaire national chargé del'économie et finance

Franck Opele
Secrétaire nationale chargé de l'industrie

 
< Précédent   Suivant >

Faire un don



© 2018 Parti Socialiste Congolais
Joomla! est un logiciel libre distribué sous licence GNU/GPL.
Template Design by funky-visions.de